Le stress, un risque de plus à gérer
A forte dose, il influe sur la productivité et la santé du salarié
L’écoute et la communication pour contrer ce phénomène
IL touche toutes les catégories professionnelles. Le stress est catalogué parmi les risques professionnels dans certains pays. Il impacte sur les capacités de travail et les performances au point où c’est devenu un mal touchant l’organisation de l’entreprise.
La concurrence acharnée, le rythme de travail, les changements environnementaux font que les salariés doivent se surpasser. ‘La barre des exigences est ainsi placée de plus en plus haut, et les limites sont toujours repoussées plus loin. Pour maintenir une position concurrentielle, la personne doit accomplir le double de l’effort fourni hier’, explique Younes Mouhib, directeur général de Positif Conseil. Conséquence: ‘Nous sommes en train de passer d’un état où le stress pouvait être ponctuel à un état de stress devenu structurel et partie prenante de la vie de l’entreprise’, poursuit ce psychologue.
Les facteurs sont nombreux et les réactions diffèrent selon les personnes. Aboubakr Harakat, psychologue clinicien, explique que ‘l’on ne réagit pas tous de la même manière et que tout dépend de la personnalité’. Les situations nouvelles, les plannings constamment bouleversés, les décisions de dernière minute et la mise sous tension des équipes, sont autant de facteurs déclenchants. La stratégie ‘sous pression’ que certains managers affectionnent stresse les salariés et n’est pas payante car si, à court terme, les résultats sont satisfaisants, à long terme, le stress provoque des situations conflictuelles.
‘S’il est bien dosé, le stress libère la créativité et augmente les performances, mais jusqu’à un certain point uniquement. Au-delà, les performances se mettent à stagner, puis, si la tension persiste, à décliner’, soutient Zineb Benabdejlil, directeur général de Deo Compétences.
Un avis partagé par Younes Mouhib qui différencie entre le stress positif et le stress négatif. Le premier pousse à l’action et à la réalisation des objectifs et le second a des conséquences très graves sur les collaborateurs comme le développement de névrose. Il peut résulter de contradictions entre objectifs et ordres divergents de différents responsables hiérarchiques, une situation typique des entreprises familiales.
Le temps et l’incertitude demeurent les facteurs déclenchants les plus importants. Le premier confine le travailleur dans l’urgence et peut avoir des conséquences néfastes sur sa capacité à s’adapter et sur son efficacité.
L’incertitude du salarié sur sa place dans l’entreprise, ses taches et ses objectifs peuvent aussi nuire à son ‘équilibre’ et avoir des conséquences néfastes sur sa productivité. Pour cela, mieux vaut clarifier les taches et mettre en place des objectifs précis et réalisables.
D’autres situations peuvent aussi être stressantes: des conflits entre collaborateurs, avec les fournisseurs, l’environnement et également la charge de travail. Parfois, le fait d’être sous-qualifié ou surqualifié pour un poste peut être source de stress.
S’il est intense et prolongé, le stress diminue la performance et peut avoir de graves répercussions sur la santé, en favorisant divers troubles comme l’hypertension artérielle, les maladies coronariennes, les problèmes digestifs, les maux de tête et la fatigue chronique.
Comme pour toutes les pathologies, la détection précoce peut éviter ces ‘complications’. Ce qui suppose que le manager soit attentif à certains symptômes. Aboubakr Harakat parle de troubles cognitifs, affectifs et comportementaux. La personne a des difficultés à se concentrer, a un rythme long, devient agressive, se replie sur elle-même, etc.
Favoriser le dialogue
Contrer le stress ne relève pas d’une recette miracle, mais nécessite avant tout un travail en vue d’appréhender les choses différemment. Le stress étant une réponse de l’organisme à un changement, il faut donc l’aider à s’adapter sereinement. D’un point de vue individuel, il faut se consacrer des moments, apprendre à gérer son temps et à relativiser. Il faut également veiller sur son alimentation, celle-ci devant être équilibrée.
A côté d’un travail personnel à entreprendre, le manager peut également chercher les causes du stress collectif en organisant des réunions avec ses collaborateurs. Le mot d’ordre étant d’être à l’écoute et, le cas échéant, revoir le système de management ou les pratiques managériales. Ce qui suppose aussi des objectifs clairs et des délais réalistes et réalisables. Les fausses dates buttoirs sont déconseillées puisqu’elles décrédibilisent les managers.
Dans sa stratégie de lutte contre le stress, le manager doit également veiller à favoriser le dialogue et une bonne communication entre les collaborateurs et tenir compte de la personnalité de tout un chacun. Le cadre de travail est également important: l’ergonomie des lieux, l’ambiance, l’éclairage, la température, les couleurs des murs, le mobilier, etc.
Source : leconomiste.com